DIRECT. Blocus des lycées : Greta Thunberg ; 200 établissements fermés… Le point à la mi-journée

DIRECT. Blocus des lycées : Greta Thunberg ; 200 établissements fermés… Le point à la mi-journée


13 h 23 – TÉMOIGNAGE. À Louis-le-Grand, « nos privilèges devraient être des droits »

« Nos privilèges devraient être des droits. » Au lycée Louis le Grand (5e arrondissement), l’un des plus prestigieux de la capitale, le mot d’ordre est clair. « L’essence du blocus c’est la solidarité, on use de la médiatisation pour porter la voix de ceux qui ne sont pas entendus », avance Lilian, élève de première. Mais au sein de l’établissement, la mobilisation n’est pas du goût de tous. C’est le cas de certains élèves de classes préparatoires qui bravent chaque jour le blocus et enjambent les poubelles.

Camille Ferrand/La Croix

Camille Ferrand/La Croix


MaxPPP

La fin de matinée touche à sa fin, des lycéens élaborent des pancartes et patientent en musique devant les portes fermées de l’établissement. Les rangs sont peu garnis, la mobilisation s’essouffle. « C’est le pire blocus qu’on a fait jusque-là, y’a pas de buzz », plaisante Lilian. À ses côtés, Joseph, élève au lycée Henri IV, est là pour « coordonner le mouvement » et « faire des actions à plus grande échelle ». Nombre d’entre eux convergeront vers la place d’Italie aujourd’hui à 14 heures pour manifester.

13 h 04 – 147 membres du personnel éducatif blessés depuis le début du mouvement

D’après le ministère, 20 personnels de l’éducation nationale ont été blessés hier, dont 5 chefs d’établissement. Il s’agit du deuxième bilan quotidien le plus lourd pour les personnels depuis le début du mouvement, après celui du 1er octobre. Le total des personnels blessés depuis le début du mouvement est de 147.

Ce mardi, 94,2 % des lycées sont ouverts, dit le ministère. À journée de mobilisation comparable, le mouvement est en recul, dit le ministère de l’éducation nationale, qui compte 214 fermetures d’établissements scolaires, contre 224 jeudi 8 octobre (−4,5 %) et 800 mardi 6 octobre (−73 %).

12 h 30 – TÉMOIGNAGE. « On n’est pas sûr que le mouvement passe les vacances »

Fin de matinée devant le lycée Déodat-de-Séverac à Toulouse, à 500 m du lieu de départ de la manifestation lycéenne prévue à 14 heures. Depuis 9 heures, quelques tensions éclatent entre jeunes et CRS. Sur un muret, Pierre et Noah observent. « C’est abusé, les tirs parfois, sans sommation, et juste pour dégager la route. Mais c’est un jeu, presque ». Quelques feux sont allumés sur du matériel urbain, et nombre de lycéens regardent la police intervenir, comme au spectacle.

Jean-Luc Ferré/La Croix

Jean-Luc Ferré/La Croix

« Ce matin, c’est un peu n’importe quoi, reprennent Pierre et Noah. La semaine dernière, il y avait des pancartes, des slogans. Là, plus grand-chose ». Les deux ne seront pas de la manifestation cet après-midi. « Parce qu’on se sent concernés, mais on ne sait plus trop ou ça va. Autour de nous, on entend beaucoup d’élèves qui parlent de la mobilisation du 17 octobre. Ils espèrent une généralisation de la révolte. Mais franchement, on n’est pas sûr que le mouvement passe les vacances ».

12 h 13 – 90 % des universités « bloquées » ou « fermées », dit Union étudiante

Mardi, 90 % des quelque 70 universités françaises sont « bloquées » ou « fermées » dans le cadre de la nouvelle journée nationale du mouvement lycéen et étudiant, selon l’organisation Union étudiante. Le syndicat a indiqué dans un message à la presse que « la liste détaillée (était) en cours de finalisation ».

11 h 45 – Strasbourg, Lyon, Nantes… Les premiers défilés se sont élancés

Des milliers de personnes, essentiellement des lycéens, étudiants et professeurs, ont commencé à défiler mardi dans plusieurs villes de France pour l’acte V du mouvement. À Strasbourg notamment, des manifestants se sont rassemblés place Kléber, dans le centre-ville, avant de s’élancer pour une manifestation. À Lyon, plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler du centre-ville pour aller jusqu’à Villeurbanne, où une assemblée générale interlycées est prévue dans un centre culturel à partir de midi. « Prof métier formidable, salaire fort minable », « balle dans la mâchoire, car vérité sort de la bouche des enfants », peut-on lire sur les pancartes.

À Marseille, la manifestation s’est élancée peu après 10 h 30 réunissant plusieurs milliers de lycéens et des représentants de syndicats assurant notamment le service d’ordre. À Nantes, un cortège de plusieurs milliers de personnes, lycéens, étudiants, professeurs et syndicats notamment, s’est élancé aux environs de 11 heures. À Paris, un cortège doit s’élancer à 14 heures de la Place d’Italie jusqu’aux Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l’Éducation, à l’appel des principales organisations de jeunesse.

11 h 30 – À LIRE. Des lycéens catholiques solidaires

Entre la visite de Léon XIV en France et les blocus de lycées et universités, de nombreux jeunes catholiques observent « un contraste fou ». Si ces lycéens et étudiants regrettent les actes de violence, ils sont nombreux à manifester leur soutien au mouvement et aux élèves moins privilégiés, y voyant même un « continuum » entre foi et engagement, alors que le pape appelait les jeunes à être « les saints de France » lors de sa veillée au Stade de France.

10 h 53 – TÉMOIGNAGE. « On va continuer jusqu’à être réellement entendus »

Au lycée privé Rocroy (9e arrondissement de Paris), une dizaine de jeunes debout sur des poubelles mène un blocus à coups de slogans scandé haut et fort : « À bas l’État, les flics et les fachos » ; « La jeunesse emmerde le Front National ». Ici, les élèves sont surtout en colère contre leur direction, sourde selon eux à leurs revendications. « On est d’abord là pour soutenir les lycées qui sont dans le besoin », relève Marie, en classe de première.

Camille Ferrand / La Croix

Camille Ferrand / La Croix

« C’est la guerre froide. Les profs oublient qu’on se bat aussi pour leurs droits à eux », résume Lila, en classe de première. De l’autre côté du trottoir, le corps enseignant regarde sans dire un mot la mobilisation de leurs élèves. Le petit groupe mobilisé, lui, n’entend pas s’arrêter là : « On attend qu’on nous prenne au sérieux », glisse Jade, 16 ans. « Le blocus ne fonctionne pas, mais on va continuer jusqu’à être réellement entendu », finit Jules.

10 h 24 – Greta Thunberg dit être « fière des étudiants français »

Au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, la militante de 23 ans Greta Thunberg est venue soutenir la centaine de lycéens mobilisés. « Les jeunes ne sont pas associés aux discussions. On nous vole notre avenir et, comme on a pu le constater ici, les écoles ne reçoivent pas les investissements dont elles ont besoin », a déclaré, keffieh sur les épaules, la militante écologiste suédoise de 23 ans aux journalistes présents devant le lycée, où plus d’une centaine de jeunes étaient rassemblés.

« Alors, qu’est-ce qu’on est censé faire ? Abandonner ? Bien sûr que non. C’est justement ce que les gens expriment ici : nous n’allons pas abandonner et nous allons nous battre pour cet avenir qu’on nous vole sous nos yeux », a-t-elle poursuivi, se disant « extrêmement fière des étudiants français ».

Une vingtaine d’avocats ont également fait le déplacement pour protéger les lycéens de la police et « empêcher l’irréparable », a déclaré Me Romain Ruiz, avocat au barreau de Paris et cofondateur du collectif Colère noire.

Sur La Croix aujourd’hui

9 h 50 – Greta Thunberg devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis

Greta Thunberg est venue manifester mardi matin devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un des épicentres du mouvement lycéen.

La militante écologiste suédoise de 23 ans est arrivée devant l’établissement, où sont aussi rassemblés une vingtaine d’avocats venus organiser une « chaîne en robe pour protéger les lycéens », selon cette même source.


9 h 36 – TÉMOIGNAGE. Des professeurs solidaires des élèves

Devant un lycée parisien bloqué, certains professeurs affichent leur soutien à l’image d’Henri, qui enseigne le français. « Cette mobilisation est positive, il y a une forme de solidarité qui se manifeste. On les croyait endormis mais ils sont éveillés. On voit chez eux cette angoisse de l’avenir, l’école revient systématiquement dans leurs préoccupations », constate-t-il.

« Ils portent des revendications qu’on a portées pendant longtemps, la voix du corps enseignant n’est plus audible, c’est pour cela qu’on les soutient. Ils portent dans leurs revendications l’augmentation du salaire des professeurs », ajoute Frédérique, professeur d’histoire géographie.

9 h 14 – 35 % des remplaçants disponibles déjà affectés

Sur « 23 académies sur 30 », « depuis vendredi, 35 % des remplaçants qui étaient disponibles ont déjà été affectés », a-t-il détaillé, « et on a recruté une centaine de personnes supplémentaires ». Le gouvernement a promis que 3 000 professeurs remplaçants seraient déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.

Ces enseignants déployés sont des titulaires sur zone de remplacement (TZR). Ils ont vocation à intervenir dans tous les établissements de leur zone géographique pour assurer une suppléance ou un remplacement.

8 h 43 – TÉMOIGNAGE. « Un cri de colère générale »

Devant le lycée Edgar Quinet, dans les IXe arrondissement de Paris, les lycéens continuent le blocus débuté le 1er octobre, dans le calme. Ils veulent faire entendre un « cri de colère générale ». « On est écouté mais pas considéré. On demande plus de budget mais aucune mesure concrète n’a été prise dans les dernières réunions », dénonce Camille, élève de première. « Ce que le gouvernement propose, c’est de la communication, tout le monde connaît nos revendications. Les instances de démocratie lycéenne ne servent à rien si personne ne nous écoute à l’extérieur », poursuit Louis, 17 ans.

Camille Ferrand/La Croix

Camille Ferrand/La Croix

Soutenu par une partie de leurs professeurs, le petit groupe d’une trentaine d’élèves a prévu de rallier la manifestation, acte V du mouvement.

8 h 12 – Environ 200 établissements fermés, dit Édouard Geffray

Quelque 200 lycées devraient être fermés ce mardi, a déclaré le ministre de l’éducation, évoquant une « décrue par rapport aux semaines précédentes », alors que les lycéens appellent à une nouvelle journée nationale de manifestations et réclament un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.

« Aujourd’hui, on devrait être sur environ (…) 200 établissements fermés, ce qui est moins que la semaine dernière », a déclaré Édouard Geffray sur France Inter mardi matin. « Mais c’est aussi logique parce qu’il y a des établissements qui sont sur les parcours, très proches des parcours des manifestations et donc qui ferment pour éviter les dégradations, donc en réalité on est plutôt sur une décrue par rapport aux semaines précédentes », a-t-il estimé.

Édouard Geffray s’est par ailleurs félicité des 86 000 contributions sur la plateforme de consultation ouverte aux lycéens. La « démocratie lycéenne s’est exprimée », a-t-il déclaré.

8 h 02 – À LIRE. Portrait d’une génération inquiète pour son avenir

Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est prévue aujourd’hui, la jeune génération s’inquiète de son avenir dans un monde où les crises s’accumulent : environnementale, sociale, géopolitique… Qu’ils viennent de la ville ou de la campagne, de quartiers aisés aux banlieues populaires, ces jeunes qui étaient à l’école primaire quand la crise du Covid les a confinés chez eux, se sentent unis dans une lutte pour faire entendre leur voix.

7 h 46 – Un lycée de Saint-Denis occupé par des profs et surveillants

Une dizaine de personnels du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, ont décidé hier d’occuper leur établissement pour porter « les revendications des élèves » et protester contre les fermetures visant à « casser le mouvement », selon une enseignante.

Ce mardi matin, vers 8 h 30, « deux collectifs d’avocats vont organiser une chaîne en robe pour protéger les lycéens de Paul-Éluard », a indiqué une avocate.

Selon un communiqué de presse signé du personnel mobilisé, celui-ci demande également « la pérennisation de tous les contrats CDD », l’engagement de ne pas sanctionner les élèves mobilisés, ainsi que le paiement des jours de grève. Seulement une dizaine d’enseignants et de surveillants participent à cette opération sur les quelque 180 personnels du lycée.

7 h 30 – Des manifestations dans plusieurs grandes villes

Des manifestations sont prévues dans la plupart des grandes villes françaises. À Lyon, le rendez-vous est donné place Guichard, où se trouve la Bourse du travail, à 10 heures. Les Clermontois se rassembleront eux aussi à 10 heures, place Delille, avant de se diriger vers la préfecture.

Dans le Sud, à Marseille, c’est aux Réformés que l’Union syndicale lycéenne a appelé les manifestants à se réunir dès 10 h 30. Dans l’après-midi, les Toulousains partiront à 14 heures des Arènes pour rejoindre le monument de la résistance.

À Paris, les manifestants ont prévu de se rassembler aussi à 14 heures à place d’Italie, dans le 13e arrondissement, avant de marcher jusqu’aux Invalides.

7 h 20 – À LIRE. Une mobilisation jusque dans le privé

Ces dernières semaines, plusieurs universités, essentiellement publiques, ont rejoint le mouvement pour afficher leur soutien aux lycéens. Certains établissements privés, habituellement plus éloignés des mobilisations lycéennes et étudiantes, ont eux aussi pris part à la contestation. Beaucoup de leurs étudiants se disent « privilégiés mais solidaires ».

Pour la première fois depuis sa création en 1875, l’Institut catholique de Paris s’est lui aussi retrouvé bloqué par une partie de ses étudiants.

7 h 15 – L’« acte V » annoncé ce mardi

Les lycéens entament une nouvelle semaine de leur mobilisation ce mardi avec « l’acte V » des manifestations. La veille, Emmanuel Macron a appelé à se mobiliser « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens ».

Cette mobilisation à échelle nationale a débuté le 29 septembre, par des lycéens qui revendiquent plus de moyens pour l’éducation nationale et l’abandon de Parcoursup. Les jours suivants, trois autres journées de manifestations ont mobilisé les jeunes : le 1er octobre, le 6 octobre, et le 8 octobre.

Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré au suivi de l’acte 5 du mouvement lycéen, ce mardi 13 octobre.





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