17 h 30 – Un policier mis en examen pour violences
Le policier auteur du tir de lance-grenade qui a grièvement blessé au visage Eden, 14 ans, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) la semaine dernière en marge du mouvement lycéen, a été mis en examen mardi pour violences, a indiqué le procureur de Pontoise.
L’agent de police, mis en examen pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente », a été placé sous contrôle judiciaire et est interdit d’exercer ses fonctions jusqu’à nouvel ordre, a précisé le parquet.
17 h 25 – Une fin de manifestation émaillée d’incidents
La fin de la manifestation parisienne est émaillée par de régulières poussées de tension, les forces de l’ordre faisant usage de gaz lacrymogène pour faire reculer certains manifestants.

Pascal Charrier pour La Croix
17 h 18 – Le ministère précise la suspension des cours
Après l’annonce par le premier ministre d’une suspension provisoire des cours pour organiser un « temps de démocratie interne » dans les établissements, le ministère de l’éducation a précisé le calendrier. « Il s’agit d’un moment banalisé sur la fin de semaine dans tous les lycées de France, en fonction de ce qu’il s’est passé dans chaque lycée (violences éventuelles, etc.). »
La date de ce moment dépendra « du jour de retour en cours, qui dépend lui-même de la réunion des conditions de sécurité indispensables. Ce moment peut donc avoir lieu entre mercredi et vendredi », a ajouté le ministère de l’éducation.
17 h 08 – « 300 individus hostiles » recensés à Paris
Des heurts ont éclaté mardi après-midi entre manifestants et forces de l’ordre à la fin du cortège lycéen à Paris, qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes. La préfecture de police a indiqué avoir contenu « 300 individus hostiles jusqu’à la place de la Nation ».
La situation s’est tendue quand des manifestants ont jeté des projectiles, des pierres et des cônes de chantier vers les forces de l’ordre, qui ont alors tiré du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes.
16 h 56 – Incidents place de la Nation à Paris
La fin de la manifestation est émaillée par de régulières poussées de tension, les forces de l’ordre faisant usage de gaz lacrymogène pour faire reculer des groupes de manifestants qui leur jettent des projectiles.

Pascal Charrier/La Croix
16 h 47 – Beauvau annonce 256 000 manifestants en France, 56 000 à Paris
Selon les chiffres du ministère de l’intérieur, le mouvement lycéen a rassemblé 256 000 manifestants en France dont 56 000 à Paris.
16 h 44 – TÉMOIGNAGE. « Nous n’avons rien à voir avec les partis politiques »
Kaïla et Hajar ont 15 ans, et ne connaissent de la vie lycéenne que les quelques semaines qu’elles ont passées en seconde à Berthelot, un établissement du centre-ville de Toulouse. Mais déjà elles pointent l’absence de professeur de maths depuis la rentrée, une remplaçante venant à peine d’être nommée.
Plus que pour des revendications précises et concrètes, si elles manifestent aujourd’hui avec leur amie Bella, toute nouvelle étudiante, c’est parce qu’elles ne supportent plus le « manque de considération envers la jeunesse ». « On nous prend toujours pour des gamins décérébrés, on nous fait passer pour des gens qui ont la flemme. Un mépris assez incroyable. Ce mouvement, il fait plaisir pour ça. Parce qu’il dit qu’on peut agir, se faire entendre, dire qu’il faut vraiment tout revoir pour mieux nous préparer au monde qu’on nous laisse ».
Les slogans qui fusent dans le cortège toulousain, contre le Rassemblement national surtout, ce n’est pas ce qui les intéresse le plus. « Nous n’avons rien à voir avec les partis politiques. Ils ne nous apportent pas grand-chose. Alors qu’on ne nous parle pas de manipulation ! »
16 h 33 – TÉMOIGNAGE. À Marseille, des profs qui « partagent les revendications »
Jean Cugier est professeur d’éducation physique et sportive au lycée Artaud, dans le 13e arrondissement de Marseille. Le nom de l’établissement est marqué au feutre sur son gilet rouge aux couleurs du syndicat étudiant Snep-FSU, duquel il est cosecrétaire. Pancartes et drapeaux en main, il assure : « Aujourd’hui, on ne va pas parler du salaire des profs, mais on est là pour être aux côtés des étudiants, des lycéens, car on partage leurs revendications. »

Valentin Baudin pour La Croix.
Le professeur cite, pêle-mêle, les difficultés dans son lycée : des classes à plus de 35, deux accompagnants pour élèves en situation de handicap (AESH) pour 1 300 élèves… Le lycée Artaud est fermé depuis jeudi, à la suite des incidents qui ont eu lieu devant l’établissement.
En tant que professeur et parent, il reste inquiet pour la suite des événements : « On se pose des questions : comment on accueille les élèves derrière ?, interroge Jean Cugier. Est-ce qu’on met en place une cellule d’écoute, une rentrée étalonnée ? L’école reste un sanctuaire de sécurité, il ne faut pas que le retour en classes soit anxiogène. » Une trentaine de professeurs de l’établissement se seraient réunis ce matin.
Sur La Croix aujourd’hui
16 h 25 – Sur Parcoursup, Lecornu promet de « corriger » ce « qu’on peut corriger »
« Tout ce qu’on peut corriger » dans le dispositif d’orientation Parcoursup « nous le corrigeons », a promis Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale, à propos d’une des demandes des lycéens.
« Il y a évidemment des questions sur Parcoursup », a affirmé le premier ministre, en rappelant que le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, avait mis en place « déjà un certain nombre de consultations et de groupes de travail ». « Est-ce qu’il y a besoin de davantage de transparence (pour Parcoursup) ? Le ministre et moi, nous sommes convaincus : la réponse est oui. Est-ce qu’il faut beaucoup plus de simplicité ? La réponse est oui », a-t-il ajouté.
16 h 17 – 450 000 manifestants en France selon les organisateurs
450 000 manifestants ont défilé dans toute la France ce mardi, dont 100 000 dans les rues de la capitale, ont estimé les organisations lycéennes et étudiantes qui ont préparé l’« acte III » du mouvement.
16 h 15 – À Paris, une « mamie solidaire » acclamée
Pancarte bleue « Mamie solidaire » brandie à bout de bras, poing serré… Isnelle, 70 ans, retraitée, ne passe pas inaperçue dans le cortège. Elle est descendue de chez elle pour soutenir sa petite-fille.

Axelle Lancelin/La Croix
Se mobiliser aujourd’hui était pour elle une évidence. Sa fille est professeure à l’université et son gendre travaille de nuit comme imprimeur. De nombreux jeunes l’acclament sur son passage, la remerciant pour son soutien.
16 h 00 – Des tensions dans le cortège parisien
En marge de la manifestation des lycées à Paris, des tirs de mortiers d’artifice ont eu lieu sur les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les éléments les plus violents.
15 h 45 – À Tours, le personnel éducatif en soutien des lycéens
Le personnel du lycée Grandmont, dans le sud de Tours, s’est drapé de vêtements blancs pour être reconnaissable par les élèves en cas de problème.

Benjamin Bousquet/La Croix
« C’est leur moment à eux et les violences constatées ces derniers jours ne peuvent pas éclipser les vraies demandes de nos jeunes et du personnel éducatif », explique Antoine, professeur de mathématiques.
15 h 35 – Le premier ministre accuse LFI de « bordéliser le pays »
Sébastien Lecornu a accusé mardi La France insoumise (LFI) d’avoir le « projet politique » de « bordéliser le pays » avant l’élection présidentielle et de « semer le chaos » depuis le début du mouvement des lycéens.
« La réalité, c’est que vous êtes ambigus avec la violence car la violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays entre maintenant et l’élection présidentielle ». « Mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement. Semer le chaos comme vous le faites depuis le début du mouvement lycéen est un scandale » et « nous ne vous laisserons pas faire », a répondu le premier ministre, vivement attaqué par la présidente du groupe insoumis, Mathilde Panot.
15 h 30 – Lecornu annonce une suspension de cours au lycée
Sébastien Lecornu a annoncé la suspension des cours au lycée en fin de semaine pour organiser un « temps de démocratie interne » avec les élèves qui manifestaient à nouveau mardi pour réclamer des moyens supplémentaires pour leurs établissements.
Le ministre de l’éducation nationale Édouard Geffray « a décidé de libérer du temps. Dès demain matin, dès jeudi, dès vendredi, banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque proviseur, d’avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée », a affirmé le premier ministre devant l’Assemblée nationale.
15 h 25 – « Brûler un lycée n’améliore pas la situation », déclare Lecornu
« On ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence », a affirmé Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale, mardi, jour d’une nouvelle mobilisation des lycéens, en appelant la classe politique à « faire corps » avec les fonctionnaires touchés par ces violences.
« Dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des individus, des citoyens, y compris des mineurs, existe », « brûler un lycée n’améliore pas la situation bâtimentaire des lycées », « lyncher un professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs », a déclaré le premier ministre, lors de la séance des questions au gouvernement. « Il n’y a pas de service public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps derrière » les fonctionnaires, a-t-il ajouté, en jugeant « pas acceptable » qu’il y ait « une banalisation de cette violence contre les personnels de l’éducation nationale ».
15 h 05 – TÉMOIGNAGE. À Paris, Anuthara et Viviane se mobilisent « par solidarité »
Anuthara, 17 ans, est élève en terminale au lycée Sophie-Germain, dans le IVe arrondissement de Paris. Elle s’est mobilisée par « solidarité » avec des lycéens de banlieue, qui étudient dans des conditions moins favorables que les siennes.

Pascal Charrier/La Croix
« On n’est pas là pour dire “nous, nous, nous”, on est surtout là pour les autres, dit-elle. Je suis au lycée à Paris, dans le Marais, mais je ne suis pas coupée de tout ce qui se passe dans les villes avoisinantes, renchérit son amie Viviane. On communique entre nous, bien sûr, on voit ce qui passe sur les réseaux sociaux, et on est solidaires. »
14 h 50 – De premières tensions se font sentir à Paris
La première vague de manifestants se trouve à un peu moins de 2 km de place de la Nation. Des tensions se font sentir, de premiers jets de projectiles entraînent des sommations des forces de l’ordre.

Axelle Lancelin/La Croix
14 h 43 – Les CRS mobilisés sur le parcours parisien
À Paris, plusieurs dizaines de camions de CRS affluent déjà vers la place de la Nation, point de chute de la mobilisation lycéenne.

Axelle Lancelin/La Croix
Les vitrines des commerces sont fermées, les chantiers en cours rangés, et la rubalise a été déployée de chaque côté de la route.
14 h 34 – Le cortège parisien s’élance
Syndicats en tête, le cortège de la manifestation lycéenne s’est élancé dans les rues de Paris depuis la place de la République en direction de la place de la Nation.
14 h 04 – Plus de 260 000 manifestants recensés par la CGT hors Paris
Plus de 260 000 manifestants ont été comptabilisés mardi à 13 h 30 par la CGT dans toute la France, en dehors de Paris où un cortège va s’élancer.
Quelque 86 000 manifestants avaient été recensés dans les cortèges depuis le milieu de la matinée par le ministère de l’intérieur.
13 h 58 – Une manifestation parisienne sous surveillance
Les forces de l’ordre étaient déjà positionnées à proximité de la place de la République, plusieurs heures avant le départ du cortège – prévu à 14 heures – en direction de la place de la Nation. Celui-ci suivra un itinéraire fréquemment emprunté par les syndicats. La manifestation sera aussi surveillée par des drones.

Pascal Charrier pour La Croix.
La préfecture de police de Paris a pris un arrêté autorisant « la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de caméras installées sur des aéronefs ». Un arrêté identique a été pris pour les départements de la petite couronne parisienne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).
13 h 51 – À LIRE. Les réseaux sociaux au cœur du mouvement
Instagram, Snapchat, TikTok… Les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la mobilisation lycéenne. Ils permettent de partager les images des blocus, de diffuser les revendications et d’organiser les actions, tout en donnant une forte visibilité aux violences. Un rôle central qui n’échappe pas aux services de renseignement.
13 h 29 – TÉMOIGNAGE. La « peur de ne pas avoir le choix » à cause de Parcoursup
À Tours, une grande manifestation doit partir à 14 heures du centre-ville. En attendant, plusieurs regroupements de lycéens ont lieu devant les établissements fermés.

Benjamin Bousquet pour La Croix
« Je vois déjà le stress que Parcoursup peut provoquer avec mon frère. Il avait fait des vœux, travaillé pour avoir un bon dossier, et pourtant il n’a finalement eu aucune proposition qui lui correspondait, explique Maëliss, élève en première au lycée Grandmont, qui participera au cortège. Forcément, ça me fait réfléchir pour l’année prochaine : j’ai peur de ne pas avoir le choix au moment de décider de mon avenir. »
13 h 15 – À Toulouse, 13 500 manifestants selon la préfecture
À Toulouse, la manifestation qui aurait réuni 13 500 personnes selon la préfecture de Haute-Garonne, arrive à son terme, place Saint-Cyprien. Jusque-là et avant dispersion, tout s’est déroulé dans le calme.

Jean-Luc Ferré pour La Croix
13 h 07 – Des milliers de personnes dans le cortège marseillais
À Marseille, des rangs de lycéens mènent le cortège qui déambule sur la Canebière dans le calme, stoppé par une quinzaine de camions de CRS au pied de la gare Saint-Charles. 4 800 personnes sont présentes selon les premières estimations de la préfecture, parmi lesquels de nombreux étudiants. Deux jeunes en licence sciences et humanités, au campus du centre d’Aix-Marseille Université, sont venues soutenir la mobilisation des lycéens pour lui « donner du poids et ajouter (leurs) revendications » : l’adaptation des bâtiments au réchauffement climatique, l’accès aux APL, les bourses pour les étudiants étrangers, le manque de professeurs…

Valentin Baudin pour La Croix.
« Avoir le bac devrait nous assurer d’avoir une licence, puis une licence un master, déplorent-elles. Mais on a peu d’espoir : Parcoursup et Mon master, c’est la même chose, on fait face aux mêmes problématiques. » L’université est fermée ce mardi. « Compte tenu du contexte actuel et des appels à mobilisation, j’ai décidé de fermer tous les sites universitaires », a indiqué Éric Berton, président d’Aix-Marseille Université.
12 h 58 – Les cours suspendus dans près de 900 établissements
Au total, 891 lycées sur les 3 700 que compte la France ont vu leurs cours « être suspendus, soit totalement, soit partiellement, toutes causes confondues » pour cette nouvelle journée de mobilisation des élèves et des étudiants partout en France, a indiqué le ministère de l’éducation dans un message transmis à la presse.
Des milliers de lycéens, étudiants, parents ou syndicalistes ont commencé à défiler mardi matin dans plusieurs villes, comme à Nantes, Marseille, Lyon ou Lille, pour un « acte III » du mouvement et réclamer des moyens pour l’éducation.
12 h 50 – Hors Paris, 86 000 personnes dans les manifestations
Les manifestations organisées ce matin dans plusieurs villes de France, hors Paris, dans le cadre du mouvement des lycéens, qui réclament davantage de moyens, ont rassemblé 86 000 personnes, a annoncé le ministère de l’intérieur.
Pour cet acte III du mouvement lycéen, qui a reçu le soutien d’une intersyndicale de l’éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, SUD et Solidaires), une manifestation est prévue à Paris à partir de 14 h 00 et pourrait rassembler entre 20 000 et 40 000 manifestants, avait indiqué une source policière.
12 h 28 – Huit interpellations aux Antilles
Une vingtaine de lycées des Antilles ont été perturbés lundi, et huit élèves interpellés, lors d’une mobilisation dénonçant la vétusté des établissements, avant une réunion sur la situation des lycées entre le ministre de l’éducation nationale Édouard Geffray et les présidents de région, ultramarins compris, en présence de la ministre des outre-mer.
En Martinique, seize établissements ont été perturbés, dont deux ont basculé en cours à distance, selon le rectorat. En Guadeloupe, au moins sept lycées ont vu leurs élèves se mobiliser dans le calme, selon le syndicat FSU. Si certains établissements ont annulé les cours, d’autres ont pu accueillir les élèves.
12 h 20 – TÉMOIGNAGE. À la place de leur nom, « mettez Z, comme génération Z »
Elles ne veulent pas donner leurs prénoms – « mettez Z, comme génération Z » – ni montrer leurs visages. Elles vont participer à la manifestation surtout par solidarité, venant d’un lycée du centre-ville de Toulouse, « plutôt privilégié ». « Mais ce dont nous bénéficions nous, il est inadmissible que les lycées de banlieue n’en profitent pas aussi. Que face à Parcoursup, les élèves de ces établissements n’aient pas non plus les mêmes chances. Elle est où la promesse républicaine d’égalité ? C’est cette injustice qui n’est plus supportable. Et il est temps que le gouvernement l’entende ! »
12 h 07 – La CNCDH s’inquiète du « recours disproportionné à la force ».
La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a exprimé sa « vive inquiétude » sur le « recours disproportionné à la force » face aux mobilisations lycéennes, et appelé le gouvernement « à renforcer le dialogue avec la jeunesse » et à « garantir l’exercice de leurs droits ».
« En sa qualité d’institution nationale des droits de l’homme », la CNCDH, organe chargé de conseiller le gouvernement, souligne dans un communiqué que « la gestion des contestations lycéennes exige avant tout mesure, écoute et strict respect des libertés fondamentales », et elle « met en garde » contre « la tentative d’assimiler l’ensemble du mouvement lycéen aux violences illégitimes qui peuvent être commises en marge des manifestations, et ainsi justifier une répression exacerbée ».
11 h 50 – TÉMOIGNAGE. Le numéro des parents écrit sur le bras
Feutre au bout des doigts, Zia et Julie ont la tête penchée sur leurs pancartes, qu’elles terminent avant de rejoindre le cortège. Sur l’une d’elles est inscrit : « sois jeune et tais-toi. » Les deux jeunes filles de 15 et 16 ans sont en première générale au lycée Nelson-Mandela, fermé depuis vendredi. « Ce sont des groupes de gens hors du lycée qui viennent pour casser », déplorent-elles.

Valentin Baudin pour La Croix
Si elles se considèrent plutôt privilégiées, elles confirment néanmoins leur volonté de se battre pour leurs revendications. Au lycée Nelson-Mandela, estiment-elles, les salles de classe, munies de grandes baies vitrées, sont surchauffées. « On crève de chaud », souffle Zia, citant aussi l’absentéisme de son professeur de physique-chimie depuis la rentrée où les trous dans son emploi du temps. Sur leurs bras, les numéros d’un avocat et de leurs parents sont marqués en bleu. « Au début, le blocus portait les revendications de notre lycée, mais ça s’est étendu », explique Julie. Toutes deux étaient déjà présentes lors des manifestations en mars contre la baisse des heures de cours dans leur lycée et espèrent poursuivre celui-là jusqu’au bout.
11 h 30 – Des milliers de personnes ont commencé à défiler
Des milliers de lycéens, étudiants, parents ou syndicalistes ont commencé à défiler ce matin dans plusieurs villes, comme à Nantes, Marseille ou Lyon, pour un « acte III » du mouvement et réclamer des moyens pour l’éducation.
À Nantes, un vaste cortège de plusieurs milliers de personnes, lycéens, parents ou syndicats, s’est élancé peu avant 11 heures, derrière une banderole marquée « Écoles sans argent, pays sans avenir ».
À Marseille, un imposant cortège de milliers de lycéens, parents, professeurs mais aussi nombreux syndicalistes s’est élancé peu avant 11 heures depuis le haut de la célèbre Canebière. La CGT a mobilisé plus d’une centaine de militants pour assurer le service d’ordre et « sécuriser » le cortège, explique le secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. À Paris, la manifestation doit s’élancer à 14 heures de la place de la République, jusqu’à Nation.
11 h 24 – TÉMOIGNAGE. « Des plafonds qui tombent » dans des classes à Toulouse
À Toulouse, tous les lycées publics sont fermés, ainsi que la plupart des établissements privés. Devant le lycée public Pierre de Fermat, dans le centre-ville, un groupe de lycéens rejoint la manifestation unitaire qui est partie du cœur de la ville rose. « Malgré les 15 millions d’euros investis par la région, nous avons encore des plafonds qui tombent, les volets qui bloquent et plus aucune infirmière », assure Marius, élève de terminale. La manifestation, tous l’espèrent « unitaire et calme ».

Jean-Luc Ferré pour La Croix
11 h 16 – Le maire de Paris va ouvrir des mairies aux lycéens
Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire a annoncé l’ouverture de mairies d’arrondissements aux lycéens pour qu’ils puissent se réunir, en appelant le gouvernement et la préfecture de police à « privilégier la désescalade » lors de la manifestation.
Les mairies d’arrondissement, a minima celles qui sont tenues par la gauche (9 sur 17), devraient ouvrir leurs portes dans les prochains jours pour que les lycéens viennent « se réunir, débattre et organiser démocratiquement » leur mouvement, écrit Emmanuel Grégoire dans une lettre ouverte aux lycéens.
« On ne peut pas déplorer l’absence d’organisation de cette jeunesse qui lutte et dans le même temps fermer les lycées et les lieux où les assemblées générales se tiennent », estime l’édile socialiste, qui doit faire adopter un vœu en ce sens mardi au conseil de Paris.
11 h 07 – À Toulouse, le cortège s’élance
À Toulouse, la manifestation s’élance de la place Jeanne-d’Arc avec les lycéens en tête de cortège, soutenus par plusieurs syndicats.

Jean-Luc Ferré pour La Croix
11 h 03 – TÉMOIGNAGE. À Lyon, « éviter les débordements des deux côtés »
En route vers la place Bellecour, d’où est partie la mobilisation lyonnaise ce matin, le collectif « Parents Présents » accompagne les jeunes manifestants par petit groupe. « Si on peut aider à éviter les débordements des deux côtés… Il ne faut pas que les images de violence décrédibilisent ce combat pour leur avenir ! », s’exclame Karima, 55 ans, qui distribue des badges aux adultes le long du parcours.

Karima, 55 ans/Eve Guyot pour La Croix
Mère d’un lycéen et d’un étudiant mobilisés, mais aussi enseignante – en grève aujourd’hui – Sybille, 52 ans, suit aussi le cortège un peu plus loin, avec émotion. « Ils sont bien plus conscients, informés et engagés qu’on ne le croit. À table, le soir, mes enfants n’hésitent jamais à engager le débat et je suis toujours fascinée par les idées, souvent très constructives, qu’ils ont. Si je suis ici, ce n’est pas pour parler à leur place mais pour faire savoir que je suis d’accord. »
10 h 44 – TÉMOIGNAGE. À Paris, « le privé est solidaire »
« Public en colère, le privé est solidaire ! » Une centaine d’élèves du collège-lycée Charles-Peguy, situé dans le 11e arrondissement de Paris, s’est rassemblée devant l’établissement, dont l’une des entrées est bloquée par un amoncellement de conteneurs à ordures. « Nous, on n’a pas à se plaindre, nos locaux sont en bon état, on ne manque pas de profs, mais on soutient les lycées publics », explique Pierre, 17 ans, en première, qui a des copains dans le public. « Ils n’ont pas tout ce qu’il faut pour étudier », ajoute-t-il.

Pascal Charrier pour La Croix
Le blocage a commencé à 6 h 30, mais « tous ceux qui veulent entrer pour aller en cours peuvent le faire », indique une des membres de l’équipe éducative, qui veille sur le petit rassemblement dont l’ambiance est bon enfant. Notamment pour éviter que cette mobilisation ne déborde sur l’avenue Parmentier où la circulation est forte.
10 h 27 – « Notre priorité absolue est de protéger nos élèves », affirme Geffray
« Notre priorité absolue est de protéger nos élèves », a affirmé le ministre de l’éducation nationale Édouard Geffray, assurant être « en train de traiter » les revendications des lycéens qui s’apprêtent à manifester dans la journée. Le ministre a qualifié de « drame » le fait qu’un adolescent de 15 ans ait eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi.
« Depuis le début, j’ai appelé au dialogue, à ne pas encourager les blocages parce que dès les premiers jours, on a vu des éléments ultraviolents infiltrer les mouvements lycéens », a affirmé le ministre. Il a souligné que « 215 élèves ont été blessés, dans leur immense majorité par des individus violents » depuis le début du mouvement et « dans ce cas-là, il faut interpeller les individus qui mettent en danger la vie des autres », a-t-il affirmé.
10 h 12 – À Marseille, la FCPE présente pour soutenir les élèves
Depuis une semaine, l’église des Réformés, qui surplombe la mythique artère de la Canebière, est le point de ralliement des mobilisations lycéennes. Ce matin, quelques grappes de jeunes et de parents débarquent des différentes artères de la ville. La manifestation est soutenue par les organisations syndicales, notamment celles des professeurs, mais aussi par les associations de parents d’élèves. La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des Bouches-du-Rhône a publié un communiqué hier pour appeler à soutenir la manifestation marseillaise, en tenant à rappeler : « Non aux dégradations. Non aux violences. »

Valentin Baudin pour La Croix
Laurent Malfettes est président de la FCPE du lycée Marseilleveyre, groupe scolaire de 2 200 élèves fermé depuis lundi. « Nous sommes présents pour soutenir les élèves dans leurs revendications, car nous portons les mêmes depuis des années, et pour protéger leur mouvement, explique le parent d’élève. Nous ne pouvons pas exclure de débordements. » Il estime qu’une vingtaine de parents seront présents lors de la manifestation. À Marseille, elle débute à 10 h 30.
9 h 55 – Les Écologistes appellent à manifester en blanc
Les Écologistes ont appelé élus et parents à rejoindre la mobilisation lycéenne mardi après-midi « avec des casques blancs, des brassards blancs, des vêtements blancs, pour aller protéger nos enfants dans les manifestations », a déclaré leur cheffe Marine Tondelier.
« Toutes familles politiques confondues, on devrait avoir en commun ce souci de permettre à nos jeunes, ceux qui le souhaitent, d’exprimer leurs revendications en sécurité », a-t-elle déclaré devant un lycée de Lens (Pas-de-Calais) au lendemain d’un incident au cours duquel un élève de l’établissement a eu la main arrachée par une grenade policière, dans des circonstances restant à déterminer.
9 h 40 – TÉMOIGNAGE. Des parents accompagnent les lycéens à Lyon
Devant le lycée Ampère, dans le centre-ville de Lyon (Rhône) des dizaines de parents ont choisi d’accompagner les lycéens ce matin. Arrivé à vélo dès 7 h 45, Benoît, 52 ans, garde un œil sur les jeunes déjà massés devant l’établissement parmi lesquels Izia, sa fille de 14 ans.
« Je me suis d’abord assuré qu’elle était ici pour les bonnes raisons et je lui ai donné les codes de la manifestation. Mais je sais qu’a tout moment ça peut dégénérer, alors je préfère venir voir ! », explique celui qui a rejoint ce week-end le collectif « Parents Présents » qui rassemble désormais 200 pères et mères désireux de ne pas rester spectateurs. « Je suis inquiet, mais je suis aussi content de la voir apprivoiser sa citoyenneté et s’engager pour un idéal. »

Eve Guyot pour La Croix
Discutant avec son groupe de copines quelques mètres plus loin, la lycéenne lève les yeux au ciel en souriant. « La manifestation a été pacifiste jusque-là, il n’a pas à avoir peur. Mais en vrai, je suis content qu’il me soutienne. »
9 h 20 – À LIRE. Le défi du maintien de l’ordre pour la police
Le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez est confronté à un délicat exercice d’équilibriste : maintenir l’ordre face aux lycéens mobilisés, en évitant toute bavure policière, alors que l’IGPN a été saisie à plusieurs reprises pour de possibles violences non justifiées en marge des blocus. Dans ce contexte inflammable mêlant appel à la fermeté et à la modération, les forces de l’ordre sont confrontées à des injonctions jugées parfois contradictoires.
8 h 55 – Le maire Saint-Denis appelle à une mobilisation « pacifique »
Au premier rang des soutiens politiques du mouvement lycéen, le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a appelé sur RTL à une « mobilisation pacifique » de la jeunesse, dénonçant les violences mais aussi la réponse « policière » du gouvernement.
8 h 29 – Dix établissements fermés à Tours
À Tours, le lycée professionnel Albert-Bayet se pare de protections en bois en cette journée de mobilisation nationale. La semaine dernière, plusieurs incendies se sont déclenchés aux abords de l’établissement.

Benjamin Bousquet/La Croix
Pour minimiser les risques de débordements, le rectorat d’Indre-et-Loire a annoncé la fermeture de dix établissements publics à Tours, lundi 5 et mardi 6 octobre.
8 h 25 – De nombreux lycées bloqués à travers la France
Des lycéens ont bloqué l’entrée de nombreux établissement un peu partout en France. C’est le cas à Paris, où le prestigieux lycée Louis-le-Grand est à son tour touché, comme dans de très nombreuses villes en région.
8 h 20 – À LIRE. Les dilemmes des parents face au mouvement lycéen
De Saint-Denis à Marseille, en passant par Tours et Nantes, des parents livrent leur ressenti sur la mobilisation des lycéens. S’ils disent comprendre les revendications de leurs enfants, ils redoutent toutefois les débordements qui pourraient survenir en marge des blocus de lycées. Entre soutien et inquiétude, la plupart ont entamé un dialogue fertile avec leurs enfants.
7 h 55 – Les jeunes estiment que les responsables « préparent mal leur avenir »
Près de huit jeunes sur dix (78 %) estiment que les responsables politiques « préparent mal leur avenir » et 64 % « ne font pas confiance » aux candidats à la présidentielle pour prendre en compte leurs préoccupations, selon une enquête publiée mardi et réalisée auprès de 3 000 jeunes de 18 à 29 ans.
Selon cette enquête en ligne réalisée du 23 juillet au 5 août par Ipsos/BVA, seulement un quart des jeunes jugent que « les responsables politiques comprennent leurs difficultés quotidiennes » et « prennent des décisions qui vont dans l’intérêt des jeunes ».
En dépit de cette défiance, 80 % des jeunes déclarent avoir l’intention d’aller voter à la présidentielle. Les autres invoquent la croyance que « leur vote ne changera rien » comme premier motif de leur abstention. L’enquête montre un décalage entre la vie individuelle, avec 77 % de jeunes se disant « satisfaits de leur vie » et un pessimisme généralisé pour tout ce qui est collectif.
7 h 41 – Dix enquêtes IGPN ouvertes
Dix enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », depuis le début du mouvement lycéen, a indiqué le ministère de l’intérieur.
Au total, 6 059 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre et 715 policiers ou gendarmes ont été blessés, a-t-on précisé de même source. Le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez est prêt à répondre à des « commissions compétentes de l’Assemblée nationale ou du Sénat » qui souhaiteraient l’entendre sur les instructions données, sur la doctrine de maintien de l’ordre ou sur les conditions d’intervention des forces de sécurité, selon son entourage.
7 h 19 – La mobilisation doit être « pacifique », exige Matignon
Les revendications du mouvement lycéen doivent être portées « dans un cadre pacifique », a indiqué Matignon, appelant à ce que la mobilisation prévue mardi permette de « renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique ».
Les services du premier ministre Sébastien Lecornu, qui a réuni en fin d’après-midi plusieurs ministres au sujet de cette mobilisation, ont par ailleurs fait savoir que 215 élèves avaient été blessés depuis le début du mouvement, « l’immense majorité » l’ayant été « soit dans le cadre d’accidents », « soit par le fait d’autres individus extérieurs ». 85 personnels éducatifs ont été blessés, selon Matignon, dont 34 chefs d’établissement et adjoints.
7 h 00 – Des manifestations prévues sur tout le territoire
De nombreuses mobilisations sont prévues par les syndicats dans toute la France. À Paris, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont appelé à manifester à 14 heures sur la place de la République.
En région, des appels à manifester ont aussi été lancés dans les grandes villes. Des rassemblements sont annoncés dès 10 heures à Lyon ou Grenoble ; à 10 h 30 à Marseille, à 11 heures à Toulouse, Bordeaux Nantes ou Rennes.
6 h 45 – L’« acte III » annoncé ce mardi
Après les premiers blocus, puis l’extension du mouvement, l’Union syndicale lycéenne a promis un « acte III » mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des « violences urbaines ». Le ministre de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste a dit lundi « craindre » un embrasement national. Sur les réseaux sociaux ont fleuri des appels à une « semaine noire », avec des blocages quotidiens.
Les représentants des lycéens ont appelé à poursuivre le mouvement après une réunion n’ayant rien donné au ministère vendredi dernier. Ils réclament plus de moyens et dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.
Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré au suivi du mouvement lycéen, ce mardi 6 octobre.